Des annonces depuis Ibiza : l’opposition souhaite la démission de Jean-Michel Blanquer

Des annonces depuis Ibiza : l’opposition souhaite la démission de Jean-Michel Blanquer

Jean-Michel Blanquer, actuel ministre de l’Éducation Nationale, est mis en cause depuis deux semaines pour ses annonces tardives sur le protocole sanitaire dans les écoles et des mesures qui ne sont “pas en phase” avec les écoles. Mais Mediapart a révélé que le ministre était en fait à Ibiza lors de ces annonces.

De nombreuses fausses notes pour le ministre

L’interview pour Le Parisien a été réalisée à distance, par téléphone (ce qui n’a pas été précisé) et le journal a publié une photo du ministre à son bureau, ce qui laissait croire que l’entrevue avait eu lieu directement au ministère. Or Mediapart a révélé que Jean-Michel Blanquer était alors en vacances à Ibiza, une île des Baléares en Espagne. Cet événement arrive après plusieurs autres jugés “déplacés”, qui place le ministre dans une situation délicate à trois mois de l’élection présidentiellee.

Des annonces la veille de la rentrée

Les annonces concernant les mesures sanitaires, très attendues des enseignants et des parents, ont été faites la veille de la rentrée scolaire du 3 janvier 2022. Un premier point qui avait agacé les écoles, pour qui l’organisation a dû se faire en très peu de temps. D’autant plus que ce protocole sanitaire a été dévoilé dans un article d’abord payant pour Le Parisien, avant d’être mis en libre accès quelque temps après.

Une grève importante

Le ministre et plus généralement le gouvernement sont confrontés à une grève des enseignants et syndicats, en colère contre un protocole sanitaire incohérent et inutile. Les parents d’élèves se sont joints à cette grève, notamment via la Fédération des Conseils de Parents d’Éleves.

Déjà modifié trois fois depuis la rentrée, le protocole n’a pas su convaincre les écoles, qui avaient l’impression d’être rejetés par le gouvernement, et pour qui les cours ne pouvaient pas être donnés correctement dans de telles conditions.

Les enseignants se préparent de nouveau à une grève ce jeudi 20 janvier. 

Une démission demandée par l’opposition

Après plusieurs faux pas, l’opposition désire de plus en plus la démission du ministre. C’est par exemple le cas de Yannick Jadot, candidat écologiste à l’élection présidentielle :

Au lieu de préparer avec les enseignants et les parents d’élèves une rentrée sous Covid, le ministre organisait un coup médiatique les pieds dans le sable. Ce niveau de mépris et d’irresponsabilité n’est pas acceptable.

C’est également le cas de Othman Nasrou, vice-président de la région Ile-de-France et porte-parole de Valérie Pécresse, candidate à la présidentielle également. Il a demandé à ce que Jean-Michel Blanquer s’explique “sur les circonstances et les raisons de ce fiasco”, alors que “depuis 2 semaines, la rentrée scolaire vire au cauchemar pour les parents, les enseignants et les enfants”.

Les vacances aux Baléares n’auraient également, selon Mediapart, pas plu aux autres ministres. Cependant, plusieurs membres du gouvernement lui ont apporté leur soutien face à cette nouvelle polémique. Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a par exemple déclaré : “​​Il faut être facilement rapatriable à Paris, joignable en permanence, je n’ai pas de raison de penser que ce n’était pas le cas. Ce qui compte c’est que les ministres soient à leur tâche.” Elisabeth Moreno, ministre chargée de l’Égalité femmes et hommes a quant à elle estimé au micro de France Inter que “le ministre de l’Education nationale est extrêmement mobilisé et engagé depuis quatre ans et demi” et qu’il s’agit là d’une “polémique de précampagne présidentielle”.