Le gouvernement lance dès lundi un dispositif inédit pour freiner ce que beaucoup appellent des hausses « injustifiées » du prix du plein. Pendant trois jours, 500 contrôles auront lieu dans les stations‑service. C’est court, mais c’est volontairement visible.
Que prévoit exactement l’opération ?
Le premier ministre annonce 500 contrôles réalisés par la DGCCRF du lundi au mercredi. Le message est clair : la guerre au Moyen‑Orient ne doit pas servir de prétexte pour augmenter les tarifs. Selon Matignon, ces trois jours représentent « l’équivalent d’un semestre » du plan de contrôle habituel.
Les agents vont vérifier les affichages, les marges et la concordance entre prix annoncés et prix à la pompe. Si des abus sont avérés, le gouvernement menace de publier les noms des stations incriminées. Le terme utilisé est le fameux « name and shame ».
Pourquoi les prix ont‑ils déjà augmenté ?
Rappel des chiffres : le carburant le plus consommé, le SP95‑E10, a augmenté d’environ 10 centimes par litre sur une semaine. Le gazole affiche une hausse plus forte. Il se vendait en moyenne à 1,98 € le litre contre 1,72 € le 27 février. Cela représente une progression d’environ 26 centimes soit près de +15 %.
Ces hausses commencent avant même l’escalade géopolitique. Plusieurs facteurs poussent les prix : tensions sur les marchés, variations du cours du pétrole, et parfois des ajustements commerciaux locaux. Le gouvernement insiste : même si le contexte international influence les prix, certains opérateurs ne doivent pas en profiter sans raison.
Quelles solutions politiques sont proposées ?
La montée des prix déclenche des revendications immédiates. Certains proposent de baisser la TVA sur les carburants ou de réduire l’accise (ex‑TICPE). Le Rassemblement national suggère de ramener la TVA de 20 % à 5,5 % pour le carburant et le fioul. D’autres, comme des élus de La France insoumise, préconisent un blocage des prix.
Le gouvernement écarte ces options pour l’instant. La ministre déléguée à l’Énergie a qualifié d’inconcevable une baisse de la TVA et des accises. Elle explique qu’une telle mesure creuserait un trou d’environ 20 milliards d’euros dans les finances publiques. Le ministre de l’Économie prévient que les entreprises fautives seront dénoncées publiquement si les abus sont confirmés.
Est‑ce que trois jours de contrôle suffisent ?
Sur le plan symbolique, c’est fort. Trois jours pour montrer l’existence d’une surveillance. Concrètement, il y a près de 10 000 stations‑service en France. 500 contrôles ne couvrent pas tout le territoire. Certains députés estiment donc que la mesure reste ponctuelle.
Mais l’objectif est double : sanctionner les abus et dissuader d’autres hausses injustifiées. Si les contrôles révèlent des pratiques illégales, l’Etat peut multiplier les opérations ou opter pour des sanctions plus visibles.
Que pouvez‑vous faire dès aujourd’hui ?
Vous pouvez agir. Comparez les prix avant de faire le plein. Utilisez des sites et des applications qui indiquent les prix des stations près de chez vous. Privilégiez les grandes surfaces quand c’est possible. Envisagez le covoiturage ou de regrouper vos trajets pour économiser du carburant.
Si vous repérez une hausse suspecte ou un affichage erroné, signalez‑le. La DGCCRF dispose d’un service de signalement des pratiques commerciales trompeuses. Plus il y a de notifications, plus l’action de contrôle devient ciblée.
En bref
Le gouvernement mise sur une action rapide et visible. Les 500 contrôles en trois jours veulent envoyer un signal fort. Les débats politiques sur la TVA et l’accise continuent. Pour vous, la meilleure arme reste l’information et la vigilance. Gardez un œil sur les prix et signalez les anomalies.

