Bonne nouvelle pour l’industrie agricole canadienne : le Canada et le Mexique viennent de s’entendre pour permettre l’exportation de pommes de terre canadiennes destinées à la consommation et à la transformation. Ce nouveau débouché ouvre la porte à plus de 130 millions de consommateurs potentiels.
Que prévoit l’accord entre Ottawa et Mexico ?
Les autorités sanitaires canadiennes, l’ACIA, et leur homologue mexicain, le SENASICA, ont finalisé des dispositions techniques et réglementaires. Ces mesures encadrent l’envoi de tubercules canadiens vers le Mexique. Le but : garantir la sécurité alimentaire tout en fluidifiant les échanges.
Heath MacDonald, ministre fédéral de l’Agriculture, a multiplié les rencontres commerciales au Mexique à l’automne et en février. Il espère voir les premières cargaisons partir dès l’automne prochain, si les dernières étapes réglementaires et logistiques se concluent rapidement.
Pourquoi le Mexique est-il si attractif ?
Le Mexique est l’une des dix nations les plus peuplées du monde. Sa taille de marché représente une opportunité majeure pour les exportateurs canadiens.
Les producteurs canadiens souhaitent accéder aux mêmes voies commerciales que leurs voisins américains, y compris le transport maritime. L’idée est simple : diversifier les marchés pour réduire la dépendance à un seul partenaire commercial.
Qui va bénéficier de cette ouverture ?
Les régions maritimes et les grandes provinces productrices comme l’Île‑du‑Prince‑Édouard et l’Alberta sont en première ligne. La filière pomme de terre pèse : la valeur des exportations de pommes de terre et de produits dérivés a atteint 3,7 milliards de dollars en 2024‑2025, en hausse de 2 % sur 12 mois.
Des entreprises comme Rollo Bay Holdings (Île‑du‑Prince‑Édouard) envisagent d’expédier plusieurs conteneurs par mois vers le Mexique. Le Conseil de la pomme de terre de l’Île‑du‑Prince‑Édouard mise principalement sur la variété Russet, une pomme de terre que le Mexique cultive moins, afin d’éviter la concurrence directe avec les agriculteurs locaux.
Étapes pratiques et défis logistiques
L’ACIA travaillera avec les producteurs pour définir les procédures à suivre. Il reste à convenir des modalités précises : contrôles sanitaires, tarification des contrats, conditions d’acheminement par voie maritime et capacités d’entreposage.
Les acteurs provinciaux soulignent l’importance d’un accès sans droits de douane et d’une logistique fiable. La réussite dépendra autant des négociations sur les coûts que de la capacité à charger et transporter des conteneurs régulièrement.
Contexte politique et stratégique
Cette avancée s’inscrit dans le cadre du Plan d’action Canada‑Mexique 2025‑2028, signé pour renforcer les liens bilatéraux. Les discussions portent au-delà de l’agriculture : défense, cybersécurité et transition énergétique figurent également à l’agenda.
Dans un contexte de tensions commerciales avec les États‑Unis et de renégociations commerciales nord‑américaines, Ottawa et Mexico cherchent à consolider une chaîne d’approvisionnement plus résiliente et moins dépendante d’un seul partenaire.
Que peut‑on attendre pour l’avenir ?
Si les négociations tarifaires et logistiques s’achèvent favorablement, les exportations pourraient débuter dès l’automne. Les producteurs espèrent que cette ouverture durera et qu’elle allègera la pression sur les marchés traditionnels.
Pour vous, observateur ou professionnel du secteur, cela signifie un marché nouveau et potentiellement stable. Pour les communautés rurales canadiennes, cela représente des contrats, des emplois et une diversification bienvenue.
Restez attentif : les prochains mois seront déterminants. L’ACIA et les acteurs du secteur trabalhamt étroitement pour transformer cet accord en échanges concrets. Vous verrez probablement les premières camionnettes et conteneurs chargés de patates canadiennes en route vers le sud dès la prochaine saison.

